GO GREEN : Consommer moins, consommer mieux

Voici une bien belle phrase que beaucoup d’entre nous souhaiterait mettre en application plus régulièrement. Mais que veut dire « consommer mieux » ? Et comment faire ?

Quels labels sont fiables ? Quelles marques choisir ? Quels matériaux privilégier ? Bref, comment m’en sortir sans me faire berner à l’heure ou le greenwashing est le roi du marketing ?

Greenwashing*

Selon moi, ma consommation parfaite répondrait aux critères suivants :

  • Abordable
  • Local
  • Respect des conditions de travail
  • Respect des vies humaines et animales
  • Matériaux écologiques et durables
  • Critères de développement durable et zéro déchet

De plus, pour ma part, le critère esthétique est également très important. En effet, je suis une femme jeune et moderne et j’ai envie de le rester.

Alors que nous vivons dans une société de surconsommation et que nous bénéficions de tout le confort matériel nécessaire à des prix plus que démocratiques, je pense qu’il n’est pas inutile de rappeler que nos pratiques occidentales ont un impact sur la vie d’autres humains.

Rappelez-vous l’effondrement récent d’un building Bengalais, les messages de détresse retrouvés sur des étiquettes de vêtements d’une certaine marque ou encore le travail des enfants découverts à plusieurs reprises. Bien-sûr, les grandes enseignes certifient qu’elles n’ont pas recours à ce type de pratique mais il faut savoir qu’elles paient des sous-traitants pour gérer la fabrication depuis l’étranger et ensuite, elles se couvrent en réalisant des audits. Malheureusement, aujourd’hui encore, de nombreuses pratiques échappent à ces audits. De plus, les normes sécuritaires dans ces pays sont différentes des nôtres en Europe et de nombreux ouvriers s’empoisonnent quotidiennement à coups de pesticides et de toutes sortes de produits chimiques pour notre confort. J’ai longtemps cru que moi, petite citoyenne lamba, je ne pouvais rien contre ces multinationales et ce n’est pas tout à fait faux. Malgré tout, aujourd’hui, grâce à mes nombreuses recherches, je sais que je peux me tourner vers d’autres marques bien plus éthiques et ça me donne le pouvoir de faire changer un peu les choses.

Reprenons 1 à 1 nos critères :

Abordable

J’avoue, ce n’est pas le critère le plus évident. Effectivement, lorsqu’on veut un produit de bonne qualité, fabriqué à la main, dans des matières nobles et dont les artisans ou fabricants travaillent dans des conditions décentes, c’est plus cher. Je remarque surtout cela au niveau de l’habillement. Alors qu’on peut trouver une paire de sandales pour 20 euros chez Zara, il faudra généralement débourser un peu plus pour une paire de sandales fabriquées en Europe. Les moins chères que j’ai trouvé sont au prix de 30 euros mais les prix peuvent aller jusqu’à plus de 200 euros selon mes recherches. Lorsqu’on choisit de se diriger vers une consommation plus éthique, on se rend vite compte qu’il faut consommer de manière plus raisonnée, consommer moins pour que cela puisse rentrer dans notre budget. On se contente de l’essentiel, ce qui peut effrayer certains d’entre nous. Paradoxalement, depuis que j’ai trié toute ma garde-robe pour ne garder que ce dont j’ai réellement besoin, je n’ai plus jamais cette sensation de n’avoir rien à me mettre. Les pièces que j’ai choisies de garder sont confortables et facile à assortir. Fini les prises de tête.

Bien qu’aujourd’hui, j’y trouve entière satisfaction, je suis bien consciente qu’un dressing minimaliste ne fait pas rêver tout le monde.

 Local

Lorsque qu’on entend local, on pense à acheter ses fruits, légumes et certains produits aux alentours de notre domicile. Le critère de consommation local dépend de la circonférence dans laquelle vous voulez inclure vos achats locaux. Évidemment, pour rester dans ce critère local, cette circonférence est de préférence réduite au minimum de km possible. Consommer local, c’est facile pour certains produits mais pas pour tous. En effet, si je devais m’acheter des chaussures de fabrication « locale », je me baladerais 100% de mon temps pieds-nus. C’est pourquoi dans le domaine de l’habillement, j’ai décidé d’élargir ma zone d’horizon à l’Europe. J’essaie un maximum d’acheter des vêtements « made in europe ». J’aime beaucoup des marques comme Paris-Balzac, Jan and June, Emma Go ou encore Ancient Greek sandals qui fabriquent leurs vêtements et chaussures en Europe et à la main pour certains d’entre eux. Sachez que je ne cite ici que des marques qui correspondent 100% à mes goûts.

Malgré tout, je pense qu’il ne faut pas se fermer au reste du monde, j’aime aussi des marques fairtrades et écoresponsables comme Veja ou Ipanema qui fabriquent des articles en Amérique du Sud dont les matières premières sont soigneusement sélectionnées, sont biologiques, issues du commerce équitable et prennent soin de l’environnement. Ces marques veillent à ce que leurs employés ou les producteurs avec lesquels ils travaillent, soient respectés. Un inconvénient est le transport des marchandises qui n’est pas très écologique bien que Veja transporte sa marchandise par bateau pour réduire l’empreinte écologique de ces baskets.

Respect des conditions de travail – Respect des vies humaines et animales

Des conditions de travail respectueuses et un salaire décent : c’est le strict minimum. On garde tous en mémoire, l’effondrement de l’immeuble Rana Plaza en 2013, faisant 1132 morts et plus de 2000 blessés. Mais depuis, les choses n’ont pas évoluées. Selon les témoignages, un salarié du textile au Bengladesh gagne 68 euros par mois alors qu’il aurait besoin du double pour pouvoir vivre décemment. Cela les force à faire des heures supplémentaires en plus des 12 heures quotidiennes à l’usine. Ils n’ont pas le droit à des congés, sont parfois victimes d’harcèlements moral ou sexuel et j’en passe. Sachez également que beaucoup d’ouvriers travaillent dans des immeubles vétustes et souffrent de maladies graves après avoir travaillé des années dans des champs de cotons imbibés de pesticides ou à cause des techniques de fabrications de nos vêtements. Je pense notamment aux techniques pour teindre et apprêter qui utilisent des produits chimiques et hyper toxiques très polluants et mauvais pour votre peau et votre santé lorsque vous les portez. On recense 1 million de cas d’intoxications et 22000 morts par an rien que pour les personnes employées dans l’industrie du coton.

Reportage : Des blogueurs de mode scandinaves découvrent la vie d’un ouvrier du textile au Cambodge

J’apprécie également que les articles que j’achète ne soient pas testés sur les animaux. Surtout lorsqu’il s’agit de produit de « luxe ». Pour moi acheté un médicament ou un produit de maquillage testé sur un animal a une dimension différente. Bien qu’idéalement, je préférerais que rien ne soit plus jamais testé sur les animaux. En Europe, tous domaines confondus, une substance qui n’a pas la possibilité d’être testé sur autre chose que sur un animal peut l’être. C’est légal. En revanche, selon les normes européennes, les cosmétiques fabriqués et vendus en Europe ne sont pas testés sur les animaux. Sauf qu’on parle du produit fini. Donc rien n’empêche à une entreprise qui veut faire plus de bénéfice, de se fournir en Chine pour ses matières premières et de vendre un produit fini en Europe mais composé uniquement de matières premières en provenance de Chine. La Chine autorise et impose de tester les produits cosmétiques sur les animaux, ce qui implique que n’importe quelle marque européenne qui commercialise sa marchandise en Chine dans des points de ventes physiques, est obligée de faire tester ses produits sur les animaux. Ne nous faisons pas d’illusion, c’est le cas d’une majorité de marques présentes en Europe. Triste !

 Des matériaux écologiques et durables.

Pour mes articles de cuisine, nettoyage ou salle de bain, je privilégie des matières telles que l’acier inoxydable, le verre, le bois naturel labellisé FSC. J’essaie petit à petit d’éliminer tout le plastique de ma cuisine et je boycotte tous les articles à utilisation unique. Le plastique est un matériau fabriqué à base de pétrole qui nécessite beaucoup d’énergie pour être produit. De plus, il est prouvé que certains plastiques alimentaires libèrent des particules cancérigènes qui contaminent la nourriture qu’ils contiennent.

Le bois labélisé FSC répond à dix critères dont notamment la lutte contre la déforestation. Ikéa collabore avec WWF, organisme qui gère les certifications FSC, et Ikéa certifie que plus aucun des bois qu’il utilise n’est issu d’abattages illégaux ou de forêts primaires. Au même titre, Dille&Kamille propose des ustensiles de cuisine en verre, bois FSC et acier inoxydable à des prix très corrects et un design très chouette.

Pour ce qui est de l’habillement, c’est complexe. Je vous conseillerais de vous tourner vers le coton bio qui respecte la santé des gens qui le cultive et qui est le plus facile à trouver et le plus abordable. Mais gardez en tête que 25000 litres d’eau sont nécessaires pour produire un t-shirt et que la culture du coton utilise 25% des pesticides consommés dans le monde. Pas la peine de se balader cul nu mais pas la peine non plus d’avoir 10 jeans dans sa garde-robe. C’est dans ce cas, que les expressions « consommation raisonnée et minimaliste » prennent tout leur sens. La marque Jan and June propose des vêtements en coton bio, fabriqués en Europe dans des matériaux recyclés. Une bonne alternative au coton est le lin mais cette matière est souvent plus chère. Contrairement aux idées reçues, on peut trouver des vêtements très modernes en lin. Majestic Filatures propose des vêtements dont une partie est fabriquée 100% en lin. Les vêtements sont un peu chers mais pendant les soldes d’été, une grande partie de la collection était soldée à 50%. Ça vaut la peine d’attendre les prochaines soldes. Les vêtements de cette marque sont fabriqués uniquement en Europe. L’avantage du lin, c’est qu’il est très robuste et qu’il est très léger pour l’été. C’est une fibre très écologique car sa culture est rapide (+- 100 jours) et que cette fibre est très résistante aux attaques extérieures ne nécessitant presque pas de produits chimiques alors que la culture du coton nécessite 30 traitements chimiques par an. Il existe d’autres matières textiles « écologiques » fabriquées par l’homme. Comme le Tencel qui est fabriqué à partir de pulpe de bois et dont le mode de fabrication serait eco-friendly.

Écoresponsable et zéro déchet

L’idéal serait que tous ces articles en plus d’être locaux, cruelty-free, fairtrade et écologiques, soient fabriqués de manières écoresponsable. Beaucoup d’entreprises ont compris l’importance d’un mode de production plus écologique et commencent à mettre en place des politiques zéro déchet. Ce qui est positif.

Personnellement, j’essaie un maximum d’acheter en magasin, autour de chez moi et zéro déchet mais je trouve tout de même qu’il y a encore trop de déchets dans mes poubelles. Il m’arrive encore trop régulièrement de devoir commander sur internet des articles que je ne trouve pas à proximité, surtout pour le textile. Je me dis que plus on stimule et encourage les ventes de marques éthiques plus on a de chance qu’elles se développent et se retrouvent un jour dans nos commerces. Voilà ma démarche !

N’oubliez pas les magasins de seconde main qui sont de très bonnes alternatives zéro déchet souvent à de très bons prix. Cela permet de ne pas stimuler la demande chez les grandes enseignes qui produisent des dizaines de collections par saison alors que chaque années, des milliers d’articles neufs invendus sont jetés à la poubelle.

A ce stade, vous avez bien compris qu’il n’est pas évident de dénicher le produit parfait. Néanmoins, vous pouvez décider de changer (un peu) vos habitudes. Je n’ai pas décidé de remplacer en une seule fois tout ce que je possède dans ma maison et qui ne correspond pas à mes nouveaux critères. Je n’en ai pas les moyens et puis ce serait du gaspillage. Mais petit à petit, je change un objet cassé contre un autre durable, un vêtement abîmé contre un autre de meilleure qualité. Je suis consciente que les prix pratiqués par les artisans locaux ou des marques éthiques sont souvent plus élevés mais plus des gens achèteront ce type de produit et plus les prix diminueront. Il en va de même dans tous les autres domaines, c’est la loi de l’offre et la demande. Dans tous les cas, il faudra de la patience, on ne change pas nos habitudes du jour au lendemain et puis la société actuelle tend à nous faire consommer plus qu’il n’en faut. Bien qu’acheter durable permette de faire des économies sur du long terme, ne culpabilisez pas si vous ne pouvez pas vous permettre de consommer uniquement écoresponsable. Néanmoins, un petit geste de temps en temps peut changer plus de choses qu’on ne le croit. Soyons positifs !

Désolé pour cet article si long. Vous avez certainement eu le temps de descendre une canette de coca entière. Si c’est le cas, ne vous flagellez pas J

N’hésitez pas à me faire part de vos réactions en commentaire.

Seriez-vous intéressés par une liste plus complète de marques écoresponsables et cruelty-free ?

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Une réflexion sur “GO GREEN : Consommer moins, consommer mieux

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